J'ai rencontré Nylso entre deux portes au début des années 2000 à Rennes par l'entremise d'Alain Faure et du réseau Périscopage. Je repartais avec un petit format carré photocopié à la couverture orange sur lequel était simplement inscrit "nylso". Cela suffit à ce que je guette, au fil des années,  la sortie de ses livres, la série des Jérôme, et que je tombe amoureux de son trait et de son univers. Lire les livres de Nylso m'apaise. Je ne me lasse pas de regarder ses paysages et les arbres qui semblent doucement bouger sous la brise. Et par delà ce qui est dessiné, j'aime la présence du sentiment poétique et mystérieux qui émane de ses compositions, sans d'ailleurs bien savoir d'où procède ce merveilleux mélange. En 2018, alors qu'un nouveau bail me permettait de relancer les expos, Nylso m'évoquait un artiste que j'admire, méconnu et publié : il était donc le candidat parfait pour inaugurer la nouvelle salle d'exposition du Bal. Et, à ma grande joie, il a dit oui. 

 

Les dessins de Nylso ne sont pas seulement paysages, rochers, cabanes ou forêts. Nylso pratique la technique du "gris optique" avec le plus fin des outils, un  Rotring 0.01 et ses dessins sont aussi une accumulation de traits qui jamais ne se croisent et semblent se marier au vide. Le blanc dans ses compositions est aussi important que le trait sans qu'il s'en dégage de dualité mais au contraire un équilibre, une complémentarité, peut-être une tentative de conciliation, si bien qu'on ne sait lequel fait ressortir la présence de l'autre. On s'en rend bien compte avec ses figures abstraites où la forme semble flotter, ou plutôt reposer sur le vide et le fait doucement vibrer, tout en frémissant elle-même. Et c'est aussi prégnant dans son dernier livre où Kimi le chien prend vie en quelques traits au milieu de milliers de traits figurant l'herbe et la pluie...  

Qu'il y ait une histoire ou pas, l'univers de Nylso est comme gros de la simplicité du temps qui passe ponctué de touches oniriques, d'éléments anachroniques, d'une poésie qui n'appartient qu'à lui. Et tout cela capte le regard, l'invite à une sorte de contemplation active, inépuisable, mélancolique et sereine. 
Pour cause de grève SNCF Nylso est resté trois jours. Nous avons donc accroché l'exposition ensemble et fait connaissance. Il a pu dessiner un peu de Lyon, savourer les paysages des Pierres Dorées du Bas Beaujolais, et tout s'est si bien passé que lui comme moi avons oublié de prendre des photos de l'expo !..

 

 

Si vous souhaitez vous offrir un dessin original de Nylso :
21cm X 15 cm : 300 euros    30 cm X 21 cm : 400 euros    42 cm X 30 cm : 600 euros    64 cm X 48 cm : 1200 euros.
Ecrivez ou appelez nous, ou venez les voir !

 

 

Nylso est un dessinateur français d'origine bretonne. "Après quatre années passées comme technicien dans un laboratoire de chimie, je décide de quitter la capitale pour une année sabbatique dans ma ville natale, Rennes. J’ai alors 27 ans et on peut penser que c’est un peu tard pour se lancer dans une carrière artistique. Après une première année d’interrogations et de recherche, je découvre Brûlos le Zarzi, le fanzine d’Olivier Josso et Laure Del Pino, et décide de fonder ma propre revue, Le Simo, dans laquelle sont publiés des auteurs comme J. Manix, John Porcellino, Lolmède, Ronald, Phil Hyp, Big Ben… Douze numéros du Simo et sept années de dessin plus tard, je me sens enfin dessinateur de bande dessinée. En septembre 2000, l’ouverture d’une librairie spécialisée à Rennes déclenche la publication hebdomadaire d’un fanzine réalisé par l’ensemble des dessinateurs rennais : Chez Jérôme Comix. C’est le déclic, je trouve enfin mon sujet : les livres, à travers l’histoire d’un apprenti-libraire, une écriture régulière (quatre planches hebdomadaires) et la possibilité d’en faire un recueil avec les Éditions FLBLB." C’est par hasard que les histoires de Nylso se situent dans un décor orientaliste. Maghreb, Moyen-Orient, Afrique, peu importe, Jérôme d’Alphagraph parle avant tout de livres et d’aventures, du parcours initiatique d’un apprenti libraire, Jérôme, jeune homme naïf et rêveur qui s’ouvre à la littérature et apprend à affronter la réalité du monde".  Dans My Road Movie (éditions Sarbacane), Nylso délaisse les livres pour retourner sur les lieux de son enfance finistérienne, du côté de Porspoder. Car Nylso aime marcher et dessiner des heures durant, avec son Rotring, les paysages, les rochers, les arbres... Il aime aussi les cabanes perdues dans les champs, Cabanes est d'ailleurs le titre d'un très beau catalogue d'expo paru chez Michel Lagarde, hélas épuisé. Après Gros Ours & petit lapin, Nylso vient de sortir aux Editions Misma Kimi le vieux chien.

 

Ces livres sont disponibles à la librairie toute l'année. Passez les voir !