Par Alfred Döblin - 456 p. - 2009 - Nouvelle traduction de l'allemand par Olivier Le Lay
Franz Biberkopf sort de prison, où il purgeait une lourde peine pour
avoir tué sa femme. Il est fermement décidé à mener désormais une vie
honnête. Mais dès la rencontre avec Reinhold, souteneur et petite
frappe sans scrupule, ce voeu pieux semble impossible à tenir. Mêlé à
toutes sortes de trafics, Franz commence à en savoir trop sur Reinhold.
Dès lors commence pour lui une lente et terrifiante descente aux
enfers... Le roman d'Alfred Döblin, paru en 1929 à Berlin, est un
monument unique de la littérature mondiale. Il capte les bruits de la
ville, nous plonge dans la vie du petit peuple des prostituées et des
malfrats, nous fait sentir les fracas d'une métropole qui happe ses
habitants et broie ceux qui se perdent dans sa nuit. Nous sommes
plongés dans les vertiges du Berlin des années 1920, tourbillon aussi
fascinant qu'inquiétant. Publié par les Editions Gallimard dès 1933
dans une traduction marquée par une certaine tradition classique
française, Berlin Alexanderplatz se devait de retrouver, grâce au
travail titanesque du traducteur Olivier Le Lay, toute la puissance de
sa langue, sa violence, sa richesse et son urgence. Une redécouverte
majeure.
Né en 1878 à Stettin, Alfred Döblin fait des études de médecine et
travaille en tant que neurologue dans les quartiers populaires de
Berlin. En 1910, il est collaborateur de la revue expressionniste Der
Sturm. Juif, il est obligé de quitter l'Allemagne en 1933. Il
s'installe d'abord en France où il se fait naturaliser en 1936, puis
aux Etats-Unis. Après la guerre, il séjourne en Allemagne puis revient
en France en 1953. Il ne retourne en Allemagne qu'en 1957 pour y
mourir.